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Ségolène Royal répond au Nouvel Observateur sur la jeunesse

Pour ceux d’entre vous qui n’en auraient pas encore pris connaissance, vous trouverez ci-dessous l’interview sur la jeunesse publiée hier sur le site du Nouvel Observateur.

INTERVIEW. Ségolène Royal : « L’inactivité des jeunes, grande cause nationale »

Chômage des jeunes, carte scolaire, autonomie des universités… la candidate à l’investiture socialiste répond aux questions du Nouvel Observateur. Par Baptiste Legrand.

Le nombre de chômeurs a bondi de 1,3% en juin et les jeunes sont les plus touchés, avec 435.500 demandeurs d’emploi de moins de 25 ans. Que proposez-vous pour faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail ?

- Le chômage des jeunes est un drame, drame contre lequel je veux agir. Je veux que chaque jeune ait une bonne raison de se lever le matin, soit pour un emploi, une formation, un apprentissage, un service civique ou un engagement première chance. La lutte contre l’inactivité des jeunes sera une grande cause nationale. Je mettrai en place, avec une volonté politique sans faille, un plan national de l’alternance et de l’apprentissage.

Le PS propose dans son projet un « nouveau pacte éducatif ». Qu’est-ce qui vous distingue des autres candidats à la primaire sur ce point ?

- Lorsque j’entends que l’Education nationale coûte trop cher, je réponds : « Essayez l’ignorance et vous verrez ce que cela coûte ».

Pour moi l’Education nationale est un pilier de la République, avec la sécurité sociale et la sécurité. Ce pilier vacille aujourd’hui, parce que l’éducation n’est plus une valeur essentielle pour ceux qui nous gouvernent : non seulement ils ont infligé à ce grand service public le plus grand plan social de toute l’histoire -plus de 65.000 suppressions d’emplois-, mais ils ont accepté  une montée des inégalités scolaires et une montée de la violence.

Moi, je n’accepte pas qu’un enfant d’ouvrier, ou d’employé, ait seulement une chance sur quatre d’obtenir un diplôme d’enseignement supérieur.

Moi, je n’accepte pas qu’il y ait eu plus de 44.000 faits de violence grave à l’école au cours de la dernière année. Personne ne peut enseigner ni apprendre dans la peur et la violence. Avec la même détermination, je généraliserai le soutien scolaire gratuit, car je ne sépare pas la lutte contre la violence de la lutte pour la réussite scolaire. Les étudiants auront dans leur cursus universitaire, une mission de soutien scolaire pour les collégiens et les lycéens qui leur donnera des points supplémentaires. Et chaque fois que cela sera nécessaire, il y aura un deuxième adulte dans la classe, par exemple un enseignant stagiaire car je rétablirai l’année de formation.

Vous étiez, en 2007, partisane de la suppression de la carte scolaire. Mais depuis, son assouplissement a posé des difficultés d’affectation pour de nombreux lycéens. Comment corriger le tir ?

- J’ai dit que la carte scolaire était contournée par tous ceux qui en avaient les moyens. Cela fait longtemps qu’elle ne permet plus d’atteindre l’objectif de mixité sociale qu’elle devait initialement favoriser. Mais j’ai affirmé que mon objectif fondamental était l’équité : la carte scolaire pouvait être assouplie si dans le même temps on investissait de façon imaginative dans les établissements délaissés pour les rendre réellement attractifs. Je me suis toujours opposée à la suppression de la carte scolaire telle que la droite l’a mise en œuvre, c’est-à-dire sans moyens pour corriger les inégalités. Les établissements délaissés devront recevoir des moyens diversifiés : section sport-études, musique-études, langues étrangères, internat de qualité pour que les enfants qui y sont assignés, réussissent.

Comptez-vous revenir sur l’autonomie des universités ?

- Non, j’irai même plus loin. Certaines facultés sont dans un état de délabrement indigne de notre pays et le taux d’échec dans l’enseignement supérieur est un gâchis humain inadmissible. On voit bien qu’il faut à l’université plus de libertés, plus de dynamisme. Mais l’autonomie n’est pas la concurrence, qui entraîne la paupérisation de nombreuses universités. Je suis profondément convaincue que nous pouvons donner un prestige nouveau à l’université en France en la rapprochant des grandes écoles et des laboratoires ainsi que des entreprises et en orientant correctement les étudiants.

Comme présidente de région, vous avez mis en place un « chèque contraception » décrié par la droite. Souhaitez-vous sa généralisation ?

- Oui, la contraception doit être gratuite pour les jeunes et les femmes démunies. 10.000 jeunes filles sont chaque année confrontées à l’épreuve d’une grossesse précoce non désirée. Dans la longue histoire du combat des femmes, c’est le nouveau pas en avant que la France doit accomplir. L’interdiction par la droite du Pass Contraception que j’ai créé est un mélange d’obscurantisme et de sectarisme.

Vous êtes très présente sur les réseaux sociaux. Est-ce toujours vous qui tweetez (@RoyalSegolene) ou bien un collaborateur ?

- Oui. Je tiens à l’authenticité de mes messages. Je prends du temps pour répondre aux questions ou aux interpellations ; c’est la raison pour laquelle j’ai inventé ce rendez-vous hebdomadaire de la twitt-interview. Tout le monde peut y participer en utilisant l’hashtag #QASR. Mais rien ne remplace le contact de terrain. Et au moment où je vous parle [vendredi 29 août, NDLR], je suis à L’Estivada de Rodez où se pressent 10.000 personnes. J’ai aussi visité l’hôpital public, inquiet pour son avenir, et rencontré des salaires précarisés. Partout les français souffrent, il est temps de changer.

Interview recueillie par Baptiste Legrand- Le Nouvel Observateur
(le vendredi 29 août 2011) en cliquant ICI

Message aux 8.000 jeunes, lycéens et apprentis venus pour la Créateuf

Ségolène Royal à la Créateuf 2011 organisée par la région Poitou-Charentes

Voici le message adressé par Ségolène Royal aux lycéens et apprentis à l’occasion de la Journée des Talents :

Bonjour à toutes et à tous venus de toute la Région !

Vous êtes nombreux aujourd’hui, très nombreux : 8.000 jeunes, lycéens et apprentis venus de toute la région. 2.000 de plus que pour la Créateuf de l’année dernière.
Il paraît que des jeunes qui ont terminé leurs études ou les poursuivent ailleurs en faculté ont demandé s’ils pouvaient revenir à la Créateuf tellement ils avaient aimé les précédentes éditions.
Cette fête, j’ai voulu que ce soit votre fête.
Une fête de la culture qui mette en valeur tous vos talents, tous vos projets, tout ce que vous êtes capables de créer dans toutes les disciplines artistiques : la musique, la danse, le théâtre, le cinéma, la photo, les arts plastiques ou de la rue, la mode, le cirque, la création littéraire…
Tout ce que vous avez envie de partager avec toutes celles et tous ceux qui sont venus vivre ensemble cette belle journée qui vous met à l’honneur.

La Créateuf, en vous donnant l’occasion de vous produire dans des conditions professionnelles devant un large public, c’est d’abord un témoignage de respect pour tout ce que vous avez accompli au cours de cette année.
C’est important, le respect.
Etre respecté, se respecter soi-même et respecter les autres, cela marche ensemble.
Une société qui méprise sa jeunesse ne peut en attendre, en retour, d’être respectée.
Vous ne voulez pas et je ne veux pas d’une société du mépris,
d’une société qui a peur des jeunes parce qu’elle a mauvaise conscience,
parce qu’elle est incapable de leur assurer à tous une éducation de qualité,
un métier motivant,
un emploi qui permet de construire sa vie,
un avenir qui donne envie de se dépasser.

On présente trop souvent les jeunes comme un problème mais vous n’êtes pas un problème ! Vous êtes une partie de la solution.
Vous êtes une chance pour la Région Poitou-Charentes et une chance pour la France. Une chance à ne pas gâcher.
Il est là, pour moi, le message de cette Créateuf.
Et j’ai envie de dire au pays : regardez ! Écoutez ! Soyez fiers de cette jeunesse qui crée, qui s’exprime, qui partage, qui bouge et qui va de l’avant.
Alors bravo à toutes et à tous pour cette belle énergie et cette belle démonstration.

Et merci à tous ceux qui, à vos côtés, sont mobilisés pour la réussite de cette journée : les équipes de la Région (qui n’ont pas beaucoup dormi depuis 2 jours), les animateurs culturels de vos établissements, les cuisiniers qui servent aujourd’hui 16.000 repas, les 400 stagiaires du BAFA et les 60 secouristes (dont la Région a financé la formation) qui vous accueillent, les agents de sécurité, les conducteurs des 3 TER « « spécial Créateuf » et des 64 bus qui vous ont permis de vous retrouver ici, que vous habitiez en ville ou en milieu rural.
Je crois que vous pouvez les applaudir car eux aussi méritent respect et reconnaissance.

Certains pensent qu’en période de difficultés économiques et sociales, la culture, c’est un peu superflu et pas vraiment prioritaire.
Eh bien moi, je crois exactement l’inverse.
D’où viennent les difficultés actuelles de la France, le chômage (des jeunes et des moins jeunes), la précarité, les inégalités croissantes, les salaires trop bas pour vivre dignement alors que les très riches sont de plus en plus riches, les services publics laissés à l’abandon ?
D’un vieux modèle qui a fait faillite, qui a causé une crise dont nous ne sommes toujours pas sortis et dont nous ne sortirons que si nous sommes capables de le remplacer par un nouveau modèle de développement et de société, plus juste, plus efficace, qui donne à tous et en premier lieu à vous, les jeunes, les raisons et les moyens de construire autre chose.
Non pas tous contre tous mais les uns avec les autres.
Pour en finir avec ce qui ne marche plus, avec les vieux schémas dépassés, avec les égoïsmes qui nous mènent dans l’impasse, il faut avoir l’audace d’être imaginatifs et d’inventer un autre avenir.
Cette audace, ce pouvoir d’imaginer, ce courage aussi, je crois que la culture les fortifie.
A condition qu’elle soit, comme nous le voulons ici, accessible à chacun, ouverte à tous les talents et affranchie de la barrière de l’argent.

Alors je sais bien : tout n’est pas rose, il y a pour beaucoup de jeunes la galère, les discriminations, les injustices et le désespoir qui, parfois, les accompagne.
Mais je vous le dis du fond du coeur : il y a mieux à faire que baisser les bras : oser autre chose.
Que ce soit dans l’histoire passée ou dans le monde d’aujourd’hui, c’est toujours la jeunesse qui contribue le plus activement à bousculer les habitudes et à changer les vieux mondes

Vous allez entendre ce soir, en concert, des groupes que vous avez choisis vous-mêmes.
Du rock et du reggae car ici, tous les styles sont les bienvenus.
Tous les mélanges aussi comme le hip hop et la danse classique.
L’un de ces groupes, lesDub’Inc, exprime très bien dans un de ses morceaux ce que je souhaite vous dire aujourd’hui :
« Et même si l’on perd certains de nos combats
On se remet en état, tout ça parce qu’on y croit
Ce ne sont pas les embûches qui font perdre la foi
A chacune d’entre elles, on se remercie d’être là
On s’accroche à la barre face à l’horizon (…)
Un monde à inventer chaque fois
Sortons des vieux schémas, nous pouvons faire d’autres choix ! »

Alors ayez confiance en vous, ne vous laissez pas abattre par les difficultés, forcez les portes qu’on vous ferme au nez et ne croyez jamais que c’est en écrasant les autres qu’on s’en sort.

Car il n’y a pas deux jeunesses, l’une qui serait vouée à la réussite et l’autre qui serait condamnée à l’échec.
Il n’y a qu’une jeunesse de France, quelle que soit l’origine de ses parents, quel que soit l’endroit où elle habite, quelle que soit la couleur de sa peau, quelles que soient sa religion ou ses convictions philosophiques, quels que soient son parcours de formation et le métier auquel chacune ou chacun se destine.
Ne renoncez pas à vos espérances car la France, pour se redresser, a besoin de vos indignations et de vos espoirs.

Je ne vous dirai pas démagogiquement que la jeunesse a toujours raison : ce n’est pas vrai.
Mais la société qui la méprise, qui la maltraite et qui se montre incapable de l’accueillir a toujours tort.
Je ne vous dirai pas démagogiquement que vous avez tous les droits : ce n’est pas vrai.
Vous avez aussi des devoirs et d’abord celui-là : réussir vos études car les armes du savoir vous aideront non seulement à trouver ou à créer votre emploi mais aussi à comprendre le monde et à agir sur lui.

Des droits et des devoirs, la société en a aussi à votre égard.
Elle a le devoir de vous équiper d’un solide bagage de formation et de vous ouvrir la porte : sur le marché du travail mais aussi, plus largement, dans tous les domaines de la vie et dans l’exercice d’une citoyenneté active.
Elle a le devoir de vous montrer l’exemple et de mettre ses actes en accord avec ses paroles et les valeurs qu’elle proclame, ce qui, je vous l’accorde, est aujourd’hui loin d’être le cas mais c’est cela, justement qu’il faut changer.
La société a aussi le droit (et à vrai dire le devoir) d’être exigeante à votre égard, d’attendre beaucoup de vous car c’est cela, vous respecter, vous faire confiance et vous donner les moyens de tracer votre route à votre tour.

C’est ce que nous avons choisi de faire en Poitou-Charentes et ce que je crois nécessaire, urgent même, à l’échelle du pays tout entier : faire de l’emploi des jeunes une grande cause nationale, de la culture un droit égal pour tous, de la démocratie une manière pour chacun de participer directement à l’orientation des choix communs.
Quand nous décidons de payer le permis de conduire à toutes celles et tous ceux qui ont réussi leur CAP ou leur bac pro, c’est pour apporter une réponse concrète aux besoins de mobilité de celles et ceux qui cherchent un travail et dont les familles ne peuvent assumer cette dépense.
Quand nous décidons de créer le Pass Contraception malgré les résistances et les conservatismes ici ou là, c’est pour que les jeunes filles ne soient pas victimes d’une grossesse précoce non désirée.
Quand nous inventons et mettons en place le Budget Participatif des Lycées, c’est pour vous associer directement aux décisions qui vous concernent afin de vous permettre de mieux vivre et de mieux travailler dans vos lycées.
Et lorsque, chaque année, nous vous donnons rendez-vous à la Créateuf, c’est pour donner à voir cette liberté d’expression et ce potentiel de création qui justifient la confiance que la Région place en vous et que tout gouvernement devrait placer en vous.

Alors bravo encore pour tous ces beaux projets dans lesquels vous vous êtes ardemment investis.
Et ne lâchez pas l’affaire : la France a besoin de vous pour repartir d’un bon pied.
Elle a besoin de votre franchise.
Elle a besoin de votre exigence et de votre vigilance pour se projeter à nouveau dans un avenir serein.
Car c’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le monde à la bonne température.
Quand la jeunesse se refroidit, le monde se glace.
Mais quand la jeunesse écoute son coeur, et sa volonté et repousse les barrières de l’impossible, c’est tout le pays qui se prend à nouveau à espérer.

Créateuf 2011 organisée par la région Poitou-Charentes

La République doit l’égalité des chances et de réussite à l’école pour tous les enfants.

Ségolène Royal, à la rencontre de parents d’élèves girondins mobilisés contre la suppression d’une classe maternelle, a déclaré vendredi qu’ « en 2012 nous redonnerons à l’Éducation nationale les moyens de fonctionner ». « J’encourage les parents d’élèves à se mobiliser et s’ils n’ont pas gain de cause, chacun prend date et en 2012 nous … Lire la suite

Un appel à la résistance pour l’essentiel, les valeurs éducatives

En visite ce mardi 26 avril 2011 dans une école élémentaire du XIIIe arrondissement, Ségolène Royal a lancé « un appel à la résistance, un appel à se battre pour l’essentiel, pour les valeurs éducatives, pour la réussite scolaire des enfants, pour la lutte contre les violences scolaires ». Les parents de cette école … Lire la suite

Soutien à la lutte des écoles occupées et Pass contraception

Je me rendrai, dans les jours qui viennent, dans plusieurs écoles occupées pour soutenir les actions contre la dégradation de l’Education. C’est ainsi que demain, Mardi 26 Avril, à 16 h, je soutiendrai les parents de l’école primaire, 33 place Jeanne d’Arc, située dans le 13ième arrondissement à Paris et vendredi 29 … Lire la suite

Réunion de travail sur l’Education avec l’association Zy’Va

Pendant deux heures, j’ai travaillé au sein de l’association ZY’VA de Nanterre, qui rassemble une cinquantaine de personnes encadrant 250 enfants et jeunes en soutien scolaire; il y avait là, par exemple un étudiant de sciences po, Bastien L., qui accompagne des élèves de troisième en stage d’entreprise pour qu’ils soient pris … Lire la suite