Bourdin 2012 : Ségolène Royal by BFMTV
Script de l’émission
Jean-Jacques BOURDIN
Ségolène ROYAL est notre invitée ce matin. Bonjour.
Ségolène ROYAL
Bonjour.
Jean-Jacques BOURDIN
Parlons d’école. Ça vous tient à cœur Ségolène ROYAL, l’école.
Ségolène ROYAL
Oui.
Jean-Jacques BOURDIN
Alors regardons les propositions de Nicolas SARKOZY. Première proposition concernant le secondaire, les collèges et lycées : les enseignants sont invités, s’ils le souhaitent, à travailler vingt-six heures dans l’établissement au lieu de dix-huit heures et en contrepartie, ils toucheront cinq cents euros de plus par mois. Bonne nouvelle pour eux ou pas ?
Ségolène ROYAL
D’abord que l’éducation revienne au cœur de la campagne présidentielle, c’est une bonne chose. L’éducation, c’est le cœur battant de la république, c’est l’essentiel des préoccupations des Français pour leurs enfants et c’est l’avenir de la nation qui se joue dans la qualité éducative. Donc moi je ne me plains pas que le président sortant fasse des propositions. Alors que valent-elles ces propositions ?
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, que valent-elles ?
Ségolène ROYAL
Que valent-elles ? Première chose toute simple : c’est de dire que ce qu’il dit existe déjà. Pourquoi ? Parce qu’il a supprimé cent mille emplois d’enseignants et de personnels non-enseignants dans l’éducation nationale, donc que ce se passe-t-il concrètement dans les établissements scolaires ? Les enseignants font des heures supplémentaires déjà pour remplacer leurs collègues qui sont insuffisants puisqu’ils ont disparu avec le non-remplacement d’un enseignant sur deux qui part à la retraite. Donc ces heures supplémentaires sont déjà faites par 25 % des enseignants dans le système scolaire, donc ce que dit monsieur SARKOZY au fond c’est un constat, c’est-à-dire qu’il vient de se rendre compte que la saignée humaine qu’il a réalisée dans le système scolaire fait qu’aujourd’hui le système scolaire ne peut plus correctement fonctionner, alors il avance une mesurette – une mesurette qui ne résout pas…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais cinq cents euros par mois – je comprends ce que vous voulez dire mais Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET qui était sur RMC avec moi tout à l’heure nous a dit : « Les heures supplémentaires seront maintenues et toujours payées. »
Ségolène ROYAL
Mais alors, attendez. Quand même, attendez. Les enseignants font dix-huit heures, il y a le temps de travail, de préparation des cours, de correction, de contact aves les parents d’élèves, d’entretien avec les élèves. Ils font déjà beaucoup plus de dix-huit heures de travail effectif. Ajoutez à cela les heures supplémentaires dont je viens de parler, que 25 % des enseignants font et feront de plus en plus avec la suppression des postes qui continue, mais bien sûr nous mettrons fin à ces suppressions de postes et nous rétablirons dès la rentrée prochaine les dix-sept mille postes qui viennent d’être supprimés. La rentrée prochaine se fera à moyens constants déjà pour donner une bouffée d’oxygène…
Jean-Jacques BOURDIN
C’est-à-dire que la rentrée 2012, si François HOLLANDE est élu, la rentrée 2012 ressemblera à la rentrée 2011.
Ségolène ROYAL
Voilà.
Jean-Jacques BOURDIN
Pas moins d’enseignants.
Ségolène ROYAL
Voilà, elle ne se dégradera pas par la…
Jean-Jacques BOURDIN
Pas moins de personnel éducatif.
Ségolène ROYAL
Ce qui est déjà très serré comme condition de travail mais là, je rappelle : le gouvernement actuel a prévu de supprimer encore dix-sept mille postes à la rentrée prochaine, donc ce que nous ferons c’est une rentrée déjà à moyens constants.
Jean-Jacques BOURDIN
Mais enfin, proposer à un enseignant de gagner cinq cents euros de plus par mois, ça doit le séduire quand même, non ?
Ségolène ROYAL
S’il y en a qui sont volontaires pour le faire, pourquoi pas ? Mais ce que je dis là, c’est que d’une part beaucoup déjà travaillent plus et ensuite ce qu’il faut, c’est revaloriser le métier d’enseignant. Voyez, un professeur agrégé – j’ai là les grilles de salaire – un professeur agrégé, c’est bac + 5, bac + 6, bac + 7, gagne lorsqu’il commence 1 890 euros nets et après vingt ans de carrière, 3 000 euros nets.
Jean-Jacques BOURDIN
Oui.
Ségolène ROYAL
Donc c’est cette revalorisation-là aussi qu’il faut accomplir dans le système scolaire. Il faut remettre le métier d’enseignant au cœur de la hiérarchie de valeur des métiers. Pourquoi ? Parce qu’il y a aujourd’hui une crise des vocations. Savez-vous monsieur BOURDIN qu’alors qu’il y a beaucoup de chômage chez les jeunes, savez-vous que nous n’avons plus de jeunes candidats pour être enseignant dans notre école ?
Jean-Jacques BOURDIN
Notamment en mathématiques.
Ségolène ROYAL
Et notamment dans les matières scientifiques. Mais c’est extrêmement grave ! Ça veut dire que ce métier majeur pour l’avenir de la république française n’attire plus les meilleurs et n’attire plus les jeunes générations.
Jean-Jacques BOURDIN
Ségolène ROYAL, en ce qui concerne le primaire, encore une fois Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET qui était avec nous sur RMC tout à l’heure, nous a précisé que les enseignants du primaire seraient remplacés : ceux qui partent à la retraite seront remplacés.
Ségolène ROYAL
Alors c’est nouveau !
Jean-Jacques BOURDIN
C’est nouveau. Nicolas SARKOZY n’a rien dit hier pendant son discours, mais c’était dans le texte. Il ne l’a pas prononcé à la tribune à Montpellier mais c’est confirmé : ils seront bien remplacés.
Ségolène ROYAL
Bon. Je crois qu’il y a un peu d’improvisation et de pagaille dans les propositions de la droite actuellement. Mais enfin si un porte-parole de l’UMP nous annonce que désormais la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux est caduque…
Jean-Jacques BOURDIN
Elle est caduque dans le primaire.
Ségolène ROYAL
Dans le primaire. Voilà une grande nouvelle ! J’espère qu’elle s’appliquera aussi dans le secondaire et dans l’enseignement supérieur. Non, c’est que le primaire.
Jean-Jacques BOURDIN
Pas dans le secondaire, simplement le primaire.
Ségolène ROYAL
Elle n’a pas dit d’ailleurs un mot de l’école primaire. Le primaire, c’est la base du système scolaire. Pourquoi ? Parce que les enfants, 40 % des enfants qui sortent aujourd’hui de l’école primaire ont des difficultés pour lire et pour écrire et pour compter, c’est-à-dire arrivent au collège avec un certain retard scolaire. Donc en effet, et c’est d’ailleurs une des priorités du programme de François HOLLANDE, l’essentiel des moyens supplémentaires seront concentrés sur l’école primaire, également sur l’école maternelle puisque là aussi…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais vous devez être contente de cette décision de Nicolas SARKOZY. Satisfaite.
Ségolène ROYAL
Si elle est exacte, bien sûr.
Jean-Jacques BOURDIN
Elle est exacte, c’est sa porte-parole qui le dit.
Ségolène ROYAL
Si elle exacte, bien évidemment l’école primaire va s’en réjouir parce qu’il y a des milliers de suppressions de classes, une augmentation du nombre d’élèves par classe, il y a des écoles – des CP qui sont des échelons essentiels puisqu’on apprend à lire, à écrire, à compter – des CP et des cours élémentaires où il y a plus de trente élèves par classe. Comment voulez-vous apprendre correctement à lire à un élève, à s’épanouir, à comprendre, à dialoguer à plus de trente élèves par classe. Ce n’est pas possible. Donc l’objectif pour lutter contre l’échec scolaire, c’est de diminuer le nombre d’élèves par classe – première priorité – de renforcer la formation des enseignants – deuxième priorité – et troisièmement, d’améliorer les relations entre les failles et l’école. Voilà les trois chantiers majeurs pour que l’école primaire fonctionne mieux.
Jean-Jacques BOURDIN
Bien, Ségolène ROYAL on va parler d’autres choses après avoir parlé de l’école. On va parler de la proposition de François HOLLANDE sur les impôts, on va parler de l’essence, on va parler d’autres sujets. Ségolène ROYAL est notre invitée ce matin.
Jean-Jacques BOURDIN
Ségolène ROYAL, notre invitée. Quelques mots sur l’Europe, Ségolène ROYAL, l’Irlande a choisi d’organiser un référendum sur le fameux pacte budgétaire instaurant une discipline budgétaire en Europe, est-ce que la France devrait faire la même chose ?
Ségolène ROYAL
Moi, je suis favorable aux consultations populaires, vous le savez, et sur des enjeux de cette importance, je crois que ça serait une bonne chose, pourquoi…
Jean-Jacques BOURDIN
Vous êtes favorable à un référendum ? Alors, attendez…
Ségolène ROYAL
Parce que…
Jean-Jacques BOURDIN
Vous êtes favorable à un référendum, là, par exemple, sur ce pacte budgétaire ?
Ségolène ROYAL
Ah, je suis favorable, oui, à un référendum qui reposerait clairement aux Français le sens…
Jean-Jacques BOURDIN
Quelle question ?
Ségolène ROYAL
Le sens de l’Europe, le contenu du traité européen…
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, vous pensez qu’on pourrait poser la question aux Français…
Ségolène ROYAL
Alors, ce n’est peut-être pas une question oui ou non…
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, non, mais…
Ségolène ROYAL
Mais les Français ont été trop écartés des enjeux et des débats sur le contenu et l’avenir de l’Europe…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais là, je suis clair, sur le pacte budgétaire, référendum oui ou non, vous proposeriez un référendum, vous proposez un référendum oui ou non ?
Ségolène ROYAL
Je propose une consultation populaire, qui peut se terminer par un référendum, pourquoi, parce que ça oblige les dirigeants à s’expliquer. Le peuple a été trop écarté des décisions européennes, donc il y a une sorte de rejet de l’Europe aujourd’hui, les gens ne comprennent pas pourquoi l’Europe, par exemple, met la Grèce à genoux, les gens ne comprennent pas pourquoi les instances européennes demandent toujours plus de sacrifices aux mêmes, et que par exemple, sur la Grèce, jamais ils n’ont exigé ni la lutte contre la fraude fiscale des grandes fortunes, ni la réduction des inégalités sociales. Donc un référendum populaire obligerait les dirigeants à s’expliquer sur le sens et sur le contenu de l’Europe.
Jean-Jacques BOURDIN
Des économies qu’on va demander au peuple.
Ségolène ROYAL
A qui, justement…
Jean-Jacques BOURDIN
Oui…
Ségolène ROYAL
Qui va payer, quel type d’économies…
Jean-Jacques BOURDIN
Qui va payer, mais vous n’êtes pas du tout d’accord avec François HOLLANDE, là, sur le sujet.
Ségolène ROYAL
Pourquoi ?
Jean-Jacques BOURDIN
Eh bien, parce que lui…
Ségolène ROYAL
Il n’a jamais dit qu’il ne consulterait pas…
Jean-Jacques BOURDIN
Si, si, si, si, on ne va pas faire un référendum pour un traité qui ne marque pas une vraie rupture, comme pouvait l’être le traité de Maastricht, je ne veux pas de référendum, je veux simplement renégocier ce traité. Voilà ce qu’il dit…
Ségolène ROYAL
Oui, il ne veut pas un référendum sur celui qui est mis actuellement sur la table…
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, mais je vous posais la question, moi, sur ce référendum-là…
Ségolène ROYAL
Mais une fois que le traité sera renégocié, pour y intégrer un certain nombre de dimensions qui n’y sont pas, comme la question de la relance économique, comme la question de la réduction des inégalités, comme le niveau de protection sociale, que nous voulons en Europe, comme quelle façon avons-nous de nous protéger aux frontières…
Jean-Jacques BOURDIN
Remarquez, vous avez le droit de ne pas être d’accord avec François HOLLANDE, vous avez le droit !
Ségolène ROYAL
Absolument, j’ai le droit de ne pas être d’accord, bien sûr…
Jean-Jacques BOURDIN
Ça vous arrive de ne pas être d’accord avec lui d’ailleurs, politiquement, je parle ?
Ségolène ROYAL
Oui, peut-être sur la vision…
Jean-Jacques BOURDIN
Sur quoi ?
Ségolène ROYAL
Sur la vision et sur la question démocratique, et je pense que…
Jean-Jacques BOURDIN
Qu’est-ce qui vous sépare de lui politiquement ?
Ségolène ROYAL
Non, ce n’est pas l’enjeu de savoir ce qui me sépare de lui politiquement…
Jean-Jacques BOURDIN
Non, non, mais, si, mais si, c’est l’enjeu parce que vous avez été candidate en 2007…
Ségolène ROYAL
Oui, bien sûr…
Jean-Jacques BOURDIN
Et lui, il est candidat en 2012. Donc ?
Ségolène ROYAL
Aujourd’hui, rien ne me sépare, puisque nous formons un pacte…
Jean-Jacques BOURDIN
Rien ?
Ségolène ROYAL
Un pacte socialiste, un pacte solidaire, solidaire et rassemblé…
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, d’accord, oui, non, mais là, sur le référendum, vous avez quelques petites différences, un regard un peu différent, non ?
Ségolène ROYAL
Mais non, ce n’est pas contradictoire, parce qu’une fois que le référendum est renégocié, pourquoi les Français ne seraient pas consultés, même si l’on sait quel usage les Français font du référendum, en général, les dirigeants maintenant sont très méfiants sur l’usage des référendums. Eh bien, moi, je pense que sur certains grands sujets…
Jean-Jacques BOURDIN
Il faut…
Ségolène ROYAL
Oui, il faut avoir le courage de consulter le peuple français…
Jean-Jacques BOURDIN
Sur l’Europe, donc oui…
Ségolène ROYAL
Parce que ça oblige les dirigeants…
Jean-Jacques BOURDIN
Sur l’Europe, oui ?
Ségolène ROYAL
Ah, c’est un enjeu majeur, l’Europe.
Jean-Jacques BOURDIN
Vous dites oui sur l’Europe ?
Ségolène ROYAL
Je dis oui sur l’Europe, à condition d’y intégrer la façon dont nous allons protéger l’Europe aux frontières pour lutter contre les abus des importations provenant des pays à bas salaires ou des pays qui ne respectent pas les normes environnementales, ça, c’est un sujet majeur pour la création d’activités et d’emplois en France.
Jean-Jacques BOURDIN
Bien. L’essence tiens ! Si nous parlions de l’essence, des carburants, l’idée de François HOLLANDE est de bloquer les prix pendant trois mois, est-ce que vous trouvez que c’est une bonne idée, franchement ?
Ségolène ROYAL
Oui, c’est une bonne idée, d’ailleurs, même face à vous, je crois déjà l’avoir évoqué il y a plusieurs mois, vous vous souvenez…
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, oui, tout à fait, oui, oui, je me souviens très bien.
Ségolène ROYAL
Et oui, à un moment, il faut prendre des décisions, on ne peut pas laisser déraper comme ça les prix de l’essence, donc il y a deux choses, il y a bloquer les prix de l’essence, et bloquer le niveau des marges en matière fiscale, c’est-à-dire, comme je l’ai expliqué d’ailleurs déjà une fois à votre émission, lorsque le brut augmente, il n’est pas normal, puisque la TVA est en pourcentage, que les rentrées fiscales augmentent, et il n’est pas normal que les marges des distributeurs, des raffineurs augmentent aussi, proportionnellement à l’augmentation du prix du brut. Tout le monde s’en met dans la poche au passage, sauf le consommateur qui, en bout de chaîne, doit payer toujours plus son outil de travail, n’oublions pas que prendre…
Jean-Jacques BOURDIN
C’est la TIPP flottante, quoi, si j’ai bien compris, non ?
Ségolène ROYAL
Ce n’est pas seulement la TIPP…
Jean-Jacques BOURDIN
Pas seulement…
Ségolène ROYAL
Pas seulement la TIPP…
Jean-Jacques BOURDIN
Parce que ça a coûté très cher la dernière fois, la TIPP flottante…
Ségolène ROYAL
Oui, la TIPP a changé, a été réformée depuis, puisque c’est une valeur absolue, donc c’est plutôt l’ajustement du rendement fiscal et le contrôle des marges aussi sur chaque étape de production de l’essence, de l’extraction jusqu’à la distribution.
Jean-Jacques BOURDIN
Bien, imposition, imposition, parlons des impôts, tiens, 75%, tranche, je dis bien tranche…
Ségolène ROYAL
Tranche…
Jean-Jacques BOURDIN
C’est important. Quand on gagne au-delà d’un million d’euros, on est taxé à 75% sur ce qu’on gagne…
Ségolène ROYAL
Au-dessus…
Jean-Jacques BOURDIN
Au-dessus, c’est-à-dire que si je gagne un million…
Ségolène ROYAL
Il en reste 25…
Jean-Jacques BOURDIN
Je suis salarié, je gagne 1.200.000 euros, je vais payer 75% sur les 200.000 euros que je gagne.
Ségolène ROYAL
Voilà.
Jean-Jacques BOURDIN
Ça vous paraît juste ça ou pas…
Ségolène ROYAL
Il vous en reste quand même 25%.
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, ça vous paraît…
Ségolène ROYAL
C’est déjà pas mal, non, vous ne croyez pas ?
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, non, non, mais…
Ségolène ROYAL
D’ailleurs, qu’est-ce qu’on peut faire de tout cet argent, enfin, je veux dire, c’est…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais c’est de la spoliation dit François BAROIN…
Ségolène ROYAL
De la spoliation de quoi… mais les Français veulent…
Jean-Jacques BOURDIN
Spoliation d’un travail fourni…
Ségolène ROYAL
Mais ce n’est pas les revenus du travail en général, quand il y a des revenus de ce niveau-là, en général, ce sont des revenus du capital…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais il y a aussi des revenus du travail pour des artistes, des sportifs…
Ségolène ROYAL
Il y a aussi quelques revenus du travail…
Jean-Jacques BOURDIN
Des très hauts dirigeants…
Ségolène ROYAL
Oui, peut-être, oui, mais les très hauts dirigeants, c’est pareil, pourquoi les très hauts dirigeants se sont augmentés au cours de l’année écoulée de 35% et ont continué à licencier leurs salariés, ont continué à délocaliser, est-ce que vous trouvez cela normal ? Non. Donc à un moment, il faut donner un signe fort, et c’est ce qui vient d’être fait, un signe fort qu’il y aura de la justice fiscale, mais il y aura un débat parlementaire, il y aura des discussions, il y aura une remise à plat de l’ensemble des revenus du travail et des revenus du capital, puisque l’enjeu essentiel de cette réforme fiscale, c’est de faire en sorte que les revenus du travail ne soient pas davantage taxés que les revenus du capital, c’est ça le vrai sens de la protection de la valeur travail, alors passons des discours aux actes ! Et voilà, passons des discours aux actes, c’est ce qui sera fait.
Jean-Jacques BOURDIN
Bien, les législatives à La Rochelle, vous allez être candidate, vous confirmez ?
Ségolène ROYAL
Oui.
Jean-Jacques BOURDIN
Le premier secrétaire maintient sa candidature du PS…
Ségolène ROYAL
On verra…
Jean-Jacques BOURDIN
Oh ben oui, c’est ce qu’il dit…
Ségolène ROYAL
C’est ce qu’il dit, oui…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais vous, qui aimez bien les primaires, pourquoi ne pas avoir organisé de primaires, vous avez obtenu un passe-droit pour être candidate à La Rochelle ?
Ségolène ROYAL
Pas exactement, puisque je suis, d’abord, j’avais une circonscription, vous le savez, dans les Deux-Sèvres…
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, on est d’accord, vous en changez, hop, vous êtes partie en Charente-Maritime…
Ségolène ROYAL
Oui, mais j’ai changé parce que… pourquoi j’ai changé, vous le savez pourquoi j’ai changé ?
Jean-Jacques BOURDIN
Dites-moi…
Ségolène ROYAL
Parce que j’ai laissé ma circonscription, pour ne pas faire de cumul de mandats, à une jeune députée qui s’appelle Delphine BATHO, que j’aurais dû reprendre ma circonscription, que je considère qu’elle a fait correctement son travail, et donc…
Jean-Jacques BOURDIN
Donc vous avez cherché une autre circonscription ?
Ségolène ROYAL
Voilà, et il se trouve que dans ma région…
Jean-Jacques BOURDIN
Et vous avez trouvé La Rochelle…
Ségolène ROYAL
Le député maire de La Rochelle ne se représente pas, et m’a sollicitée, puisque lorsqu’un homme ne se représente pas, pour atteindre la parité, on en est encore loin, normalement, c’est une femme qui se représente lorsqu’un homme laisse sa circonscription, donc il m’a sollicitée, j’étais ravie de cette sollicitation, et je suis enchantée d’être candidate à La Rochelle, et en plus, d’avoir permis l’élection d’une jeune députée, Delphine BATHO, sans lui reprendre ma circonscription. Voilà, je suis dans ma région, heureuse de l’être, et j’espère être élue et faire encore beaucoup de choses pour La Rochelle.
Jean-Jacques BOURDIN
Question politiquement concrète pour terminer, Ségolène ROYAL, c’est vrai que vous avez envie d’être présidente de l’Assemblée nationale ?
Ségolène ROYAL
Hors micro, je vous le confirme.
Jean-Jacques BOURDIN
Vous me le confirmez, il y a combien de députés d’ailleurs…
Ségolène ROYAL
Pourquoi être hypocrite, voyez, je ne l’ai pas dit de moi-même, vous me posez la question…
Jean-Jacques BOURDIN
Il y a combien de députés à l’Assemblée…
Ségolène ROYAL
Je ne vais pas dire non…
Jean-Jacques BOURDIN
Non, mais donc vous dites oui, ben c’est bien, au moins, vous êtes franche, il y a combien de députés à l’Assemblée…
Ségolène ROYAL
Non, mais moi, je ne réponds pas aux questions quizz…
Jean-Jacques BOURDIN
Ah non, ce n’est pas une question, attendez, ce n’est pas une question de quizz…
Ségolène ROYAL
Je ne réponds pas aux questions quizz…
Jean-Jacques BOURDIN
Nombre de députés, c’est 577. Est-ce qu’il faut réduire le nombre de députés ?
Ségolène ROYAL
Je ne vais pas m’engager là-dessus, l’important, c’est que… je vais vous dire, le plus important pour les députés, c’est qu’ils soient présents à l’Assemblée nationale, voilà, les Français n’acceptent plus l’absentéisme des députés, souvent, qui est dû d’ailleurs au cumul des mandats, premièrement, et deuxièmement, il est très important que le Parlement ait des pouvoirs de contrôle et d’accompagnement d’un pouvoir exécutif, pour, là aussi, alerter, puisque les députés sont au contact avec la population, ils doivent pouvoir alerter le pouvoir exécutif sur un certain nombre de problèmes pour que la gouvernance dans notre pays soit davantage fluide et davantage démocratique. Voilà l’enjeu du Parlement.
Jean-Jacques BOURDIN
Bien. Eh bien merci Ségolène ROYAL.
