Jean-Marcel Jeanneney – trois fois ministre du général de Gaulle – avait affirmé son soutien à Ségolène Royal dans les colonnes du Nouvel Observateur lors de la campagne présidentielle de 2007 (lettre de soutien du 17 avril 2007 à lire en cliquant ICI ). Il est décédé à l’âge de 99 ans en septembre 2010.
Jean-Marcel Jeanneney avait accepté de répondre à une interview sur Ségolène Royal et le Général de Gaulle dont voici un extrait :
JM Jeanneney 1/6 par PartiSocialiste
Intégralité de l’entretien :

Bonjour,
Je rappelle qu’un groupe de gaullistes de gauche a appelé à voter Ségolène Royal en 2007.
Ci-après le texte :
« Dans le jardin à la Française, aucun arbre n’en cache un autre de son ombre » (C. de Gaulle)
APPEL des GAULLISTES de PROGRES en FAVEUR de Ségolène ROYAL
Amies et Amis de la République,
Dimanche 6 mai, nous engagerons la France et son histoire pour les années à venir.
Bien qu’ils se soient exprimés pour des candidats différents le 22 avril, soit pour François Bayrou, soit pour Ségolène Royal, les rédacteurs de cette lettre appartiennent à la mouvance des gaullistes de progrès et appellent, à ce titre, à voter pour Madame Ségolène Royal.
Plus qu’à toute autre élection, il s’agit d’un véritable choix de société entre un réformisme dans la tradition républicaine et une rupture totale, tournant le dos à notre République et à ses valeurs démocratiques et sociales.
Soyons clair !
De nombreuses raisons font que nous ne pouvons que rejeter la candidature de Nicolas Sarkozy :
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui a comme modèle Georges Bush et soutient l’hégémonie mondiale des Etats-Unis notamment leur guerre en Irak dont nous voyons le lamentable résultat aujourd’hui.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui ne conçoit l’action qu’à travers une agressivité permanente, le conflit et la lutte contre tous ceux qui lui déplaisent.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un ancien ministre de l’Intérieur qui a constamment privilégié à des fins purement électoralistes le tout-répressif et le tout-carcéral, actions qui conduisent à une impasse totale. Sa première décision ne fut-elle pas de supprimer la police de proximité mise en place par Jean-Pierre Chevènement. Or une véritable politique de sécurité efficace passe par une politique de prévention ce qui n’empêche nullement la sanction et la fermeté.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui s’est révélé incapable de résoudre la crise des banlieues autrement que par le recours à la seule répression policière et à la stigmatisation de populations défavorisées.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui a instrumentalisé et exploité à son profit, la peur des Français.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat dont le modèle économique est le triomphe du tout-marché faisant de ce dernier le seul étalon de nos relations sociales laissant sur le bord de la route une multitude de nos compatriotes. Quoiqu’il s’en défende la politique de Nicolas Sarkozy ne peut mener qu’à la régression sociale. Un exemple parmi d’autres : sa politique fiscale consiste à alléger les impôts pour les plus riches laissant reposer la charge sur les plus modestes notamment par l’augmentation des impôts indirects payés par tous… ce qui ne signifie pas qu’une refonte totale de notre fiscalité ne soit nécessaire.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui s’affiche ouvertement avec des personnalités de l’Eglise de Scientologie (une des sectes les plus dangereuses dénoncée par la Commission Parlementaire).
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui croit au déterminisme des gènes et à des thèses eugéniques que l’on croyait dans les poubelles de l’Histoire, ces propos ayant suscité la réprobation unanime de la communauté scientifique.
Même si nous n’accordons pas de blanc-seing à Madame ROYAL, ne partageant pas l’ensemble de ses idées… nous portons à son crédit :
- Une conception de l’action s’inscrivant dans la concertation et oeuvrant en faveur du rassemblement, principes nettement gaulliens.
- Une volonté affirmée de consulter le peuple sur tout éventuel traité européen à l’opposé de Nicolas Sarkozy qui se refuse à tout nouveau référendum sur ce sujet
- Une volonté de maintenir notre modèle social, l’un des meilleurs du monde, tout en le réformant et en luttant contre les abus susceptibles de le décrédibiliser mais en conservant ses principes de solidarité.
– Une volonté de défendre les valeurs de la République qui reposent sur la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité et la volonté de vivre ensemble sans distinction d’origine, de race ou de religion. Rappelons que notre République repose sur le principe de Citoyenneté qui stipule qu’à l’égal de nos Droits, nous avons des Devoirs. Ségolène Royal a eu le mérite , y compris contre son camp, de rappeler qu’une société républicaine repose sur des valeurs d’ordre que la gauche a trop longtemps négligées.
Il s’agit en tout état de cause de remettre l’Homme et non plus le profit au centre du projet républicain.
La France a besoin de réformes profondes tant socialistes que libérales mais ce n’est pas en précarisant les situations sociales que l’on réussira à assurer la cohésion de la société. Nous devons rester fidèles à la tradition humaniste de la France des Lumières, de la Révolution de 1789 et du Général de Gaulle.
Notre Identité Nationale, c’est LA REPUBLIQUE
C’est pour ces raisons que nous voterons Ségolène ROYAL
premiers signataires : Ali Abchiche- conseiller municipal de Sarcelles, Gilles Bachelier de l’Internationale Gaulliste, Erik Blondin – syndicaliste, Philippe Dehay de l’Union Citoyenne Gaulliste, Etienne Tarride – avocat à la Cour d’Appel de Paris, Paul Violet – ancien adjoint à la Mairie de Paris
Bonjour, cet homme, paix à son âme maintenant, m’a reellement touché et j’ai vu dans ses idées toute la moderation et toute la sagesse d’un homme experimenté humainement et politiquement, il a su voir dès le début la fausse sincerité du candidat Sarkozy et son sentimentalisme feint, sa voracité du pouvoir pour lui meme et non comme simple moyen de rendre la vie des gens meilleure, il a vu aussi dès le début la morale politique et la veritable et imperturbable volonté de progrès social de Ségolène Royal, un discours politique scellé de mots si forts, participatif, démocratie populaire, fraternité, entraide, solidarité, justice… , et au sujet de ce dernier principe, qui est en fait le premier de tous, Socrate ne disait il pas que la Justice est la mère de toute les vertus et comme leur synthese totale !
combien de fois Mr Sarkozy prononce t il le mot » justice » ou » juste « ? pas souvent !
Cela est une revelation politique à elle seule ! Ne dit on pas que nous sommes les paroles que nous prononçons ?
Que notre verbe ne fait que refleter notre Etre profond ?
je fais confiance à votre esprit de rassemblement, vous , vous ne serez pas seulement la presidente de ceux qui vous auront élue, mais la presidente de tous les français qui auront besoin de vous !
Esprit libre, gaulliste social, Monsieur Jean-Marcel Jeanneney fut un grand serviteur de l’Etat (« totalement dévoué à la chose publique » comme l’écrivit le Général de Gaulle dans ses mémoires), un authentique républicain et un père, un grand-père et arrière grand-père aimant.
Laïc, européen, clairvoyant, humainement bienveillant, intellectuellement exigeant, il publie encore à 98 ans une belle monographie sur l’histoire de sa commune de Rioz (Haute-Saône) où il repose désormais au côté de sa femme Marie-Laure Jeanneney née Monod et de son père Jules Jeanneney.
Enfin, permettez-moi d’apporter un petit rectificatif : Monsieur Jean-Marcel Jeanneney n’est pas décédé le 17 septembre 2010 comme nous pouvons souvent le lire mais le 16 septembre 2010.
Ceux qui pensent que Ségolène Royal est « Bécassine » devraient réviser leur jugement.
Ceux qui ironisent sur ses Déclarations de Dimanche soir devraient réviser leur jugement.
Ma prise de conscience de la perte d’identité de l’UMP date du discours de Grenoble (été de la Honte).
Je suis persuadé que la vérité éclatera au grand jour.
A bon entendeur…….
Un entretient vraiment très intéressant que je viens de conseiller à tous mes contacts Facebook & Twitter.
Je partage également les avis de Aurum. Surtout pour le mot « justice »…
« »Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n’a guère eu de chef d’Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu’étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n’ai jamais cru à la possibilité d’un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers. »" »
merci
Quel soutien de référence ! Le message historique était très clair et le demeure…
D’accord avec Formule1 mais j’ajouterais parmi les grands personnages du 20è, Pierre Mendès-France. Je regrette le rendez-vous manqué entre ces 2 hommes (et pourtant ce n’est pas faute à des Chaban d’avoir essayé) car même s’ils étaient de tempérament et d’idées différents, ils avaient en eux l’idée de l’Intérêt général. Par ailleurs, on pourra faire de l’anti-mendésisme ou(et) de l’anti-gaullisme, il sera impossible de les attaquer sur leur probité. C’est important que la tête de l’Etat soit propre , toutes querelles partisanes mises à part. Il y a eu des affairistes sous De Gaulle et sous Mendès, mais eux n’avaient rien à voir avec ces malandrins.
bonjour ! on continue jusqu’à la victoire !!